Sardaigne hors des sentiers battus : 7 plages secrètes accessibles uniquement à pied

La Sardaigne autrement : loin des foules, au plus près de la nature #

Quand on évoque la Sardaigne, les images de la Costa Smeralda et ses yachts de milliardaires viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, cette île méditerranéenne recèle des trésors bien plus authentiques, accessibles uniquement à ceux qui acceptent de chausser leurs chaussures de randonnée et de s’éloigner du bitume.

J’ai passé trois semaines à explorer les côtes sardes avec mon sac à dos et une tente légère, dormant dans les campings municipaux disséminés le long du littoral. Ce que j’ai découvert m’a profondément marqué : des criques d’un turquoise irréel, des falaises sculptées par le vent et une solitude bienvenue que l’on ne trouve plus guère en Méditerranée.

Cala Goloritzé : le joyau du golfe d’Orosei #

Commençons par la plus célèbre, et pour cause. Cala Goloritzé se mérite : comptez une bonne heure de descente depuis le plateau du Supramonte, à travers un sentier caillouteux bordé de chênes verts. L’aiguille rocheuse qui domine la plage culmine à 143 mètres et offre un spectacle géologique fascinant.

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« La première fois que j’ai vu cette eau, j’ai cru que c’était une piscine artificielle », m’a confié Marco, un randonneur italien rencontré sur le chemin. Il n’avait pas tort : la transparence est telle qu’on distingue chaque galet à cinq mètres de profondeur.

Conseil pratique : partez tôt le matin depuis le parking de Su Porteddu. Le sentier n’est pas balisé de façon optimale, mais l’application Wikiloc propose plusieurs traces GPS fiables. Prévoyez au minimum 2 litres d’eau par personne — il n’y a aucun point de ravitaillement.

Cala Mariolu : l’éden des galets blancs #

Accessible par bateau depuis Cala Gonone ou par un sentier escarpé de deux heures, Cala Mariolu porte le nom du phoque moine (mariolu en sarde), aujourd’hui hélas disparu de ces eaux. La plage se compose de galets d’un blanc immaculé, polis par les vagues, qui contrastent magnifiquement avec le bleu profond de la mer.

Pour les campeurs, le camping Cala Gonone constitue un excellent point de base. Situé à quelques minutes à pied du port, il permet de combiner randonnée terrestre et excursions maritimes. Les tarifs restent raisonnables, autour de 25 euros la nuit pour deux personnes avec tente.

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Cala Sisine et sa forêt de genévriers centenaires #

Moins photographiée que ses voisines, Cala Sisine possède un charme particulier grâce à sa vallée boisée qui débouche directement sur la plage. Les genévriers millénaires aux formes tortueuses créent un décor presque irréel, comme si la nature avait sculpté ses propres œuvres d’art.

Le sentier depuis le plateau prend environ trois heures, mais la difficulté technique reste modérée. C’est ici que j’ai vécu mon plus beau bivouac sarde : endormi sous les étoiles, bercé par le ressac, avec pour seule compagnie le chant des grillons.

La côte ouest méconnue : Cala Domestica et Is Arutas #

Tout le monde se précipite sur la côte est, et c’est tant mieux pour ceux qui explorent l’ouest. Cala Domestica, ancienne crique de contrebandiers, est encaissée entre deux falaises et accessible par un tunnel creusé dans la roche. L’ambiance y est presque mystique au coucher du soleil.

Plus au nord, la plage d’Is Arutas surprend par ses grains de quartz qui ressemblent à des grains de riz multicolores. Attention : il est strictement interdit d’emporter du sable (les amendes sont sévères), mais rien n’empêche d’admirer ce phénomène géologique unique.

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Préparer son trip camping-rando en Sardaigne #

Quelques recommandations essentielles pour réussir cette aventure :

  • Période idéale : mai-juin ou septembre-octobre. L’été est étouffant et les sentiers bondés
  • Équipement : chaussures de trail, tente ultralight, filtre à eau, crème solaire SPF50
  • Budget camping : 20 à 35 euros par nuit selon les campings, certains offrent des tarifs randonneur
  • Transport : un ferry depuis Civitavecchia ou Gênes coûte entre 40 et 80 euros par personne
  • Respect de l’environnement : le bivouac sauvage est interdit dans la plupart des zones côtières. Privilégiez les campings officiels

L’île aux mille visages #

La Sardaigne ne se résume pas à ses plages, aussi sublimes soient-elles. Entre deux randonnées côtières, prenez le temps de découvrir les nuraghes, ces tours de pierre vieilles de 3 500 ans, de goûter le porceddu (cochon de lait rôti) dans les trattorias de montagne et de vous perdre dans les ruelles colorées de Bosa.

C’est cette combinaison unique — nature sauvage, patrimoine millénaire et gastronomie généreuse — qui fait de la Sardaigne une destination camping incomparable. À condition d’accepter de marcher un peu pour mériter ses récompenses.

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